
Grande question qui m'a été posée au détour d'une conversation mais qui n'était pas innocente. Comment garder la
foi? Comment garder la
confiance en Dieu quand on a l'impression que tout va
mal et que lui ne fait rien, mais absolument rien ?
Je crois que la première chose à poser est que la
foi est un
don de Dieu. Dans l'épître aux Hébreux (10, 22) l'auteur invite le lecteur "à marcher dans la certitude de la foi" parce que Jésus nous a ouvert la voie vers Dieu. Donc, si la foi nous a été donnée, si nous faisons confiance à Dieu, cela ne nous sera pas enlevé.
Après cela ne veut pas dire que nous ressentions effectivement la foi qui nous a été donnée. Nous confondons souvent la foi et le
sentiment de la foi. Un sentiment est par essence volatile. J'aime à ce moment-là; je n'aime plus à un autre moment. La foi n'est pas de l'ordre du sentiment. Une fois donnée, elle ne nous sera pas reprise. Et même si nous avons l'
impression que nous n'avons pas la foi dans tel ou tel moment, dans telle situation difficile, saint Paul nous invite à continuer à mettre notre confiance dans le Christ: "Soyez fermes dans la foi" (1ère épître aux Corinthiens 16, 13). La vraie foi dépasse les sentiments, les impressions, les émotions.
Une fois que cet élément est posé, je pense que comme tout le monde, j'ai aussi fait cette expérience que j'appelerais
"nuit de la foi". C'est quand malgré tous vos efforts, toutes vos prières, vous perdez pied, vous doutez, vous commencez à couler comme Pierre (Matthieu 14, 30a). Le sentiment que vous avez de votre foi vous semble si faible... Là, je crois qu'il ne faut pas hésiter une seconde à
demander de l'aide au Christ comme Pierre s'enfonçant dans l'eau: "Seigneur, sauve-moi!" (Matthieu 14, 30b) et aussi à nos frères et soeurs dans la foi.
Personnellement, c'est ce qui m'a aidé à "survivre" dans un premier temps, puis à revivre dans un second temps quand j'ai vécu une situation difficile. Je ne savais plus du tout où j'en étais. C'est comme si tout ce que j'avais construit jusqu'à ce moment-là s'effondrait sous moi. Mes fondations s'écroulaient et je me découvrais extrêmement fragile. Heureusement que j'avais quelques amis, des vrais sur qui je pouvais vraiment compter, qui étaient là pour me soutenir, pour m'écouter.
Saint Paul le rappelle aussi aux chrétiens de la communauté de Rome :
"Accueilliez celui qui est faible dans la foi, sans critiquer ses scrupules. La foi de l'un permet de manger de tout, tandis que l'autre, ne mange que des légumes. Que celui qu mange ne méprise pas celui qui ne mange pas et que celui qui mange ne juge pas celui qui mange, car Dieu l'a accueilli.Qui es-tu pour juger un serviteur qui ne t'appartient pas? Qu'il tienne bon ou qu'il tombe, cela regarde son propre maître. Et il tiendra bon, car le Seigneur a le pouvoir de le faire tenir." (Romains 14, 1-5).
De même à ceux de la communauté de Thessalonique:
"... donnez du courage à ceux qui en ont peu; soutenez les faibles" (Première aux Thessaloniciens 5, 14)
Dans des moments difficiles, il ne faut pas avoir peur de se tourner vers des frères et des soeurs dans la foi pour qu'ils nous soutiennent dans l'épreuve.
Sachons demander même si cela nous en coûte d'apparaître faible. Comme ce papa d'un enfant possédé, crions vers le Christ Jésus :
"Je crois !
Viens au secours de mon manque de foi!"
(Marc, 9 24)
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